
En traversant le village, nous croisons un rassemblement d'hommes, assis autour du thé (l'activité préférée en Asie centrale).

La nuit suivante, près de l'antique ville de Merv au centre du Turkménistan), nous dormons dans un coin qui nous paraît désert, au matin, on découvrira que nous étions devant une école.
Comme nous prenons notre petit déjeuner, les écoliers en uniformes viennent faire les curieux et échanger quelques mots d'anglais, mais à la fin, le directeur de l'école et la professeur d'anglais, effrayés par l'animation que nous créons, nous demande instam
ment de débarrasser le plancher....
Le paysage est désertique, assez monotone. On croise parfois quelques chameaux. Les soviets avaient eu la grande idée de lancer la culture intensive de coton dans ces contrées pourtant si sèches (le coton est gourmand en eau) et avaient pour arriver à leurs fins, détourné et épuisé les eaux du fleuve Amou-Daria, créant ainsi l'assèchement de la mer d'Aral (dont l'approvisionement en eau dépendait en grande partie de l'Amou-daria). Les russes sont partis, mais la culture du coton reste majoritaire au Turkménistan, la catastrophe écologique continue...


Enseigne de l'une des nombreuses usines de coton: Pamyk=coton (Pamuk en turc)
Une partie des revenus de la famille vient du travaille de broderie des femmes. L'artisanat turkmène est très beaux et garde une vraie place dans la vie de tout les jours: les femmes portent toutes des robes brodées et chaque foyer, si pauvre qu'il soit est garni de tapis, la fierté nationale.
Cepandant, lorsque vous dormez en camion, vous n'appréciez pas trop de dormir sur le bord de la route nationale (parler d'autoroute au Turkménistan serait plaisanter), aussi, nous avons l'habitude de nous éloigner un peu, en prenant une petite route adjacente...C'est ainsi que, la nuit déja tombée, sur une petite route, Goum, qui conduit, voit un paysan qui marche et s'arrête pour lui proposer de l'emmener chez lui (on parle trois mot de turc car le turc et le turkmène se ressemblent). La règle de l'hospitalité veut qu'il nous invite à boire le thé et à manger (de très bonnes tartines de confitures maisons et un abominable ragoût de graisse de je ne sais quelle bestiole). Nous rencontrons toute la famille et nous arrivons, avec quelques mots et geste à échanger un peu.
Les questions aux voyageurs sont souvent les mêmes: êtes-vous mariés, avez-vous des enfants, quels sont vos métiers, combien tu gagnes...La maison, comme toutes celles de ce lotissement est très basique, briques avec parfois un peu de terre avec un toît en tôle. A l'intérieur, le confort se limite à une ampoule au plafond, un poële à mazout , deux malles de famille et une armoire.
L'eau vient du puit, les toilettes se résument à un trou dans une planche au dessus d'une fosse. La voiture est un luxe, alors avec notre camion, pensez-bien que nous somme considérés comme des pachas.
Evidemment, le pétrole et le gaz sont très bon marché au Turkménistan, mais faut-il encore avoir l'infrastructure pour en jouir.
Nous sommes ici bien loin des fastes d'Ashkabad.
Les habitudes de vie de nos emphytrions nous font sentir qu'il sont des nomades sédentarisés.

L'un des multiples papiers, tamponné dans quatre bureaux différents, dont nous avons hérité à la frontière, stipule bien que notre itinéraire est fixe et qu'il nous est interdit d'en dévier. La forte présence policière (à chaque entrée de village et à chaque changement de district, c'est à dire environ tout les 40 km voir 30) est là pour nous en dissuader.
Turkmenistan:UBU Land
Turkmenistan: pour tout voyageur de la route de la soie, ce nom rappelle de mauvais souvenirs. Pour nous ça aura été le cas!
Apres 3h d`attente a la frontiere de sortie iranienne (encore un papier qui manquait qui a du être envoye par fax mais ca ne marchait pas...), nous arrivons a la frontière Turkmène et là, surprise! nos visas avaient malencontreusement été envoyés à un autre poste frontiere, 500 km au nord, rien que ça.
Là, je pète litteralement un plomb, mais rien n`y fait meme une scène.
Obligés de revenir faire annuler la sortie d`Iran sur nos passeports, nous nous retrouvons coinçés car il nous manque un tampon special que seul un employé, alors absent, pouvait nous donner.
Après prises de têtes, pleurs et entêtement, un employé, Hamid, se propose de nous escorter jusqu`a Bajgiran (l`autre poste frontière).
On hallucine et on accepte.
Du coup, on se retrouve avec Hamid, sa femme et son fils en route pour Mashad ou nous dormirons chez leur famille pour le lendemain passer la frontière. C'est surprenant, mais c'est ça, l'Iran.
Grâce a Hamid, la sortie d`Iran se fera sans problème.
Mais à l`entrée du Turkménistan, autre surprise, nos visas sont a entrée unique! Il faudra refaire des visas pour le retour!
Le consulat aura donc fait deux erreurs sur nos demandes (évidemment, aucune excuse ne nous a été faite).
Sans compter une accumulations de taxes de passage pour le camion s`élevant a 100 dollars, rien que pour un transit.
On croit rêver, mais le plus hallucinant c`est à l`interieur du pays que ça se passe...

Passée la frontiere, c'est une autre planète, rien a voir avec l'Iran, personne pour vous proposer un thé, on sent réellement le sovietisme s'abattre sur nous.
La ville D'Ashkabad est un immense temple au feu dictateur Turkmenbashi (mais rassurez-vous son successeur est tout a fait semblable au point que¸ sur les photos on a du mal a reconnaître s'il s'agit de l'un ou l'autre): Portraits immenses, statues dorées et architectures flembantes neuves de type carton-pâte...Le mieux c'est peut-être les informations radios en anglais (comme si le monde entier s'interessait au Turkmenistan...) qui ne parle que du président et de son petit pays.
Et la musique d'ouverture des infos!: la guerre des étoiles!


